Ben démaré
Ce sont principalement les groupes à po (groupes à peaux) et les formations culturelles militantes qui perpétuent fidèlement le rituel du bain démarré. Très attachés aux racines historiques de la Guadeloupe, ces groupes utilisent ce moment pour lier la spiritualité, la mémoire de l’esclavage et l’expression populaire avant l’ouverture des festivités. [1, 2, 3, 4]
Les « Gwoup-a-po » : Gardiens du temple
Nés à la fin des années 1960 dans un élan de revendication identitaire, les groupes à po s’opposent aux carnavals modernes dits « de strass et paillettes ». Ils se distinguent par l’utilisation exclusive d’instruments traditionnels : tambours en peau de cabri, chachas (maracas) et conques de lambis (trombophones). Leurs défilés rapides à pied, appelés déboulés, s’accompagnent de claquements de fouets au sol pour chasser les mauvais esprits. Pour eux, le bain du 1er janvier est une suite logique de leur démarche mystique et contestataire. [1, 5, 6, 7, 8, 9]
Les formations emblématiques du rituel
- Akiyo (Pointe-à-Pitre) : Fondé en 1979, ce groupe mythique est le pionnier du mouvement culturel guadeloupéen. Akiyo porte une dimension spirituelle très forte et ses membres descendent chaque année en déboulé vers les plages de Pointe-à-Pitre ou du Gosier à l’aube pour purifier le collectif. [4, 10]
- Voukoum (Basse-Terre) : Créé en 1988, ce « mouvement culturel » refuse l’étiquette de simple groupe de carnaval. Basé dans le Sud de la Basse-Terre, il utilise un rythme lourd spécifique appelé Mas a siwo. Leurs bains se déroulent parfois en mer mais aussi en rivière (comme à la ravine Paradis) pour se reconnecter aux forces de la nature. [6, 10, 11, 12]
- Mas Ka Klé (Raizet / Les Abymes) : Très populaire pour ses prestations vocales et ses innovations, Mas Ka Klé marque les esprits lors du bain démarré par des rituels très visuels, incluant parfois la mise à l’eau de radeaux ou de structures artisanales en guise d’offrandes symboliques à la mer. [10, 13]
- Nasyon a Nèg Mawon : Ce groupe met en avant la figure du « Nègre Marron » (l’esclave rebelle ayant fui les plantations). Pour eux, le bain démarré est avant tout un grand moment de convivialité et de reconnexion mémorielle, célébrant la liberté retrouvée au cœur de l’espace public. [2, 10]
En marge de ces piliers, d’autres groupes comme K’Mawon ou Klé La s’associent chaque début d’année à cette immense communion populaire où se mêlent carnavaliers aguerris et simples citoyens venus chercher la bénédiction des vagues. [2, 10, 14]
Aimeriez-vous explorer les rythmes musicaux spécifiques joués par ces groupes (comme le Sen Jan ou le Gwo Siwo) ou découvrir les matériaux de récupération qu’ils utilisent pour fabriquer leurs masques et costumes ? [6, 9, 15]
